Discours de M. le Président du Congrès de la République du Pérou, Luis Gonzáles Posada, à l’occasion de la séance solennelle d’installation de
l’Assemblée parlementaire euro-latino-américaine (EUROLAT)
Lima le 29 avril 2008
M. José Ignacio Salafranca, co-président de l’Assemblée parlementaire euro-latino-américaine – EUROLAT ;
M. Jorge Pizarro Soto,
co-président de l’Assemblée parlementaire euro-latino-américaine – EUROLAT
et Président du Parlement Latino-américain ;
M. Julio González Gamarra,
Président du Parlement centraméricain ;
Mme. Ivonne Juez de Baki,
Présidente du Parlement andin ;
Messsieurs ambassadeurs, représentants des organismes internationaux, invités spéciaux;
Mesdames et messieurs:
Le Congrès de la République exprime sa cordiale bienvenue aux délégations parlementaires de l’Europe et l’Amérique latine réunies ici avec les représentants du peuple péruvien, à l’occasion de cette cérémonie d’ouverture.
Cet événement, le premier à notre continent, constitue un point de rencontre pour réfléchir et adopter des accords décisifs sur des sujets communs, tels que l’environnement et le changement climatique, l’inclusion sociale et la lutte contre la pauvreté, la crise de l’énergie, la situation des migrants, le terrorisme, le racisme et les drogues, de même le renforcement des systèmes démocratiques et la coopération plus étendue entre les deux continents.
En ce sens, il y a des situations graves et des ménaces permanentes affectant de la même façon latino-américains et européens.
L’une d’entre elles c’est le terrorsme, démonstration de barbarie antidémocratique, provoquant des morts et destruction, déstabilisant les sociétés, affectant serieusement les institutions, suscitant de l’angoisse et la douleur à millions d’êtres humains frappant particulièrement les plus pauvres.
L’Amérique latine se solidarise avec l’Europe et n’oublie pas la dévastation qu’elle a souffert à cause des deux guerres mondiales, des conflits ethniques et les crimes qui ont éte exécutés et continuent d’être exécutés par des organisations terroristes de tendances diverses.
C’est pour cela que le Pérou n’hésite pas à désigner comme des organisations terroristes l’ETA, l’IRA, les Brigades Rouges et les autres bandes criminelles qui mènent des actions, ou les ont menées, au sein du Vieux continent.
Et, en vue de ce même principe, le Pérou démocratique désigne aussi comme des organisations terroristes le Sentier lumineux et le MRTA qui sont la cause de milliers de morts et d’une grande destruction matérielle dans notre patrie.
C’est pour cela que la représentation nationale a exprimé sa protestation devant le Parlement européen lorsque celui-ci n’a pas adopté la motion demandant que le mouvement subversif MRTA soit compris dans la liste des organisations terroristes, de même elle a exhorté le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen à évaluer les actions et les activités d’une telle organisation terroriste afin d’appliquer les sanctions respectives.
Il s’agit d’une décision à l’unanimité du Congrès national, de tous les groupes politiques, sans réserve, parce que nous, les péruviens, avons la ferme certitude qu’au sein de la démocratie nous pouvons et nous devons diverger et concourir dans le champ politique, mais nous avons aussi un regard unitaire sur ce qui a signifié, pour le peuple péruvien, les actions des telles organisations.
Nous somme sûrs que la décision initiale sera changée d’une façon solidaire et intelligente quand les parlementaires européens disposeront de l’information complète et digne de foi concernant l’impact et les portées du terrorisme au Pérou, qui nous affecte encore ; une telle information sera élargie par une délégation parlementaire qui visitera l’Europe.
Voilà la alliance que nous voulons construir entre européens et latino-américains, un compromis avec la vie, la liberté, la démocratie et le respect des droits de l’homme.
Mais il y a aussi d’autres sujets qui sont objet de souci pour la représentation nationale.
L’un de ces sujets est le besoin de fortifier les mécanismes de coopération pour lutter contre le trafic de stupéfiants, la plus grande organisation multinationale du délit qui opère en coordination avec le terrorisme, détruisant la vie, particulièrement des enfants et des jeunes, engendrant corruption et affectant les institutions.
Avec un critère de co-responsabilité, les pays producteurs et consommateurs doivent travailler unis en vue d’un tel objectif, non-seulement dans le domaine législatif mais en faisant effort pour accroître les ressources de la coopération.
Nous en faisons mention parce que nous sommes préoccupés du fait que les fonds de la coopération internationale aient diminués à un degré élevé au lieu d’augmenter, affectant de cette façon les programmes d’interdiction, de remplacement de culture et d’aide aux toxicomanes.
Une telle situation a lieu non-seulement en ce qui concerne les États-unis, qui ont diminué ces fonds environ 150 millions de dollars en 2002 –moins de la moitié pour l’année en cours– mais la communauté européenne qui à peine fait un apport de 4 millions de dollars par an, malgré le 70% de la drogue produite est envoyé au Vieux continent.
Une alliance pour lutter contre les drogues suppose, mesdames et messieurs les représentants, une re-élaboration des politiques et des budgets de coopération entre producteurs et consommateurs, c’est-à-dire, entre européens et latino-américains, le cas échéant nous ferons face à un grand risque : l’expansion du terrorisme au sein de nos sociétés.
Un autre souci de nos législatuers c’est l’environnement dégradé et le changement climatique qui ont pour corrélat les sécheresses, inondations, incendies forestiers, tremblements de terre, la fonte de la banquise, et ses conséquences très graves des pertes en vie humaines et matérielles, le manque d’aliments et la déviation des ressources consacrées à prévenir et réparer les dommages, tout en absorbant les budgets réquis pour lutter contre la pauvreté et mettre en oeuvre les réformes sociales.
Bien sûr, le Pérou n’est pas délié de cette crise, comme le démontre le fait qu’au cours des 30 dernières années, nous avons perdu 22% des glaciers équivalant à 7 000 millions de mètres cubes d’eau, ce qui représente dix ans d’aprovisionnement en eau pour la ville de Lima.
Par rapport à cette tâche, nous, Européens et Latino-américains, sommes ensemble et nous devons parcourir le même chemin pour affronter la crise résultante de la hausse incessante du prix du baril de pétrole passant de 19 dollars en décembre 2001 à environ 120 dollars et faisant monter les prix du transport, des aliments, de la production industrielle, des médicaments, affectant sérieusement nos économies et provoquant la famine, le chômage et des dangereux bouleversements sociaux.
Le nouvel impérialisme pétrolier stimulé par les exporteurs du brut existe, parmi d’autres raisons, car nous, les pays importateurs, n’avons pas été capables de nous organiser pour défendre nos économies ou pour développer des nouvelles sources d’énergie. Cette situation a parfois débouché sur un simplisme dangereux de chercher de l’énergie en transformant des milliers d’hectares destinés à l’agriculture, nécéssaires pour la nourriture de la population, en éthanol ou en biocombustibles.
Violà un autre front que le partenariat stratégique des parlements de l’Europe et l’Amérique latine devront forgé. De la même manière, il faut arriver aux accords raisonnés en faveur de nos migrants, que l’on estime à 10 millions des personnes, la plupart d’entre eux dépourvue des papiers d’identité, se déplaçant peureux, sans droits du travail et non plus des droits sociaux, menacés de déportation et exposés aux mauvais traitments par des sectes xénophobes et racistes.
Ce n’est pas moins grave que notre continent est e train de devenir un marché expansif pour l’acquisition de matériel de guerre d’haute technologie et d’un grand pouvoir destructif. Ce commerce inspire méfiance et crainte entre nos peuples et implique un gaspillage des ressources au detriment du développement.
On ne doit pas oublier que, d’après les statistiques, 316 millions de latino-américains sont pauvres, dont 92 millions survivent dans l’indigence ou dans l’extrême pauvreté ; que nous avons un déficit de 40 millions de logement ; que 77 millions de personnes n'ont pas accès à l'eau potable et 103 millions au déversoir ; que plus du 10% de la population est au chômage ; que le nombre d’illettrés est de 8% et que des milliers d'enfants meurent de malnutrition et de manque d’attention primaire de santé.
C’est pour cela que les acquisitions millionnaires d’armement, la hausse du prix du pétrole, le changement climatique et le terrorisme sont les nouveaux cavaliers de l'Apocalypse qui frappent nos pays.
Mesdames et Messieurs les Membres du Parlement :
L’Europe représente un modèle extraordinaire d’intégration et de développement, dont ses premiers pas se sont faits en 1950 avec la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier et qu’aujourd’hui elle est devenue un pays-continent avec une monnaie unique, avec un Conseil, une Commission et un Parlement commun ; avec des tribunaux et la Cour des comptes ; avec le Comité économique et le Comité social ; avec une Banque centrale et d’autres organismes travaillant efficacement.
Pour faire posible cette intégration, les constructeurs de la communauté européenne ont du cicatriser les blessures causées par les deux guerres mondiales avec cent millions des morts et blessés, avec des villes détruites et occupées, en réussissant ainsi l’unité et le bonheur de leurs peuples.
Un bon exemple pour la région où le processus d’intégration fait des progrès lents, avec de marches et de contre-marches, l’où ses memebers se sont dispersés dans la Communauté andine, le Mercosur, l’Alba, le CARICOM, le Marché commun centraméricain et des diverses pactes bilatéraux ou trilatéraux qui tous ensemble nous débranchent et nous affaiblissent.
Pour toutes ces raisons, nous saluons ce sommet du dialogue et de la concertation ; cette rendez-vous avec l’espoir et le future qui nous permettra avancer vers la réussite de nos buts communs et vers l’établissement des alliances solides entre européens et latino-américains.
Merci beaucoup.